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Francophonie : enjeux et perspectives

  • Photo du rédacteur: Pytheas asso
    Pytheas asso
  • il y a 3 jours
  • 5 min de lecture

Quel avenir pour l’espace francophone ? Aujourd’hui, près de 300 millions de personnes font partie de l'espace francophone, faisant du français la cinquième langue la plus parlée au monde. Cette langue commune favorise les échanges et la proximité, constituant ainsi un véritable levier de développement. Cependant, à l'horizon 2030, quel avenir peut-on envisager pour la Francophonie ?


Le maillage d'institutions et de médias francophones, rassemblé autour de l’Organisation Internationale de la Francophonie (O.I.F.) – fondée lors du VIIe Sommet International de la Francophonie à Hanoi (Vietnam) –, est un relais incontestable de soft-power pour tous les pays membres. Rappelons que, pendant longtemps, la francophonie s’est construite sans la France. Celle-ci doit faire face à des défis importants, comme l'éducation, la promotion de la langue française et la coopération économique, des axes prioritaires pour renforcer la communauté francophone. L'accroissement démographique en Afrique, où se trouve une large partie des locuteurs, pourrait également transformer le paysage linguistique mondial. En misant sur une coopération renforcée entre les pays membres, la Francophonie peut devenir un acteur majeur sur la scène internationale, capable de relever les défis du XXIe siècle et d'inspirer d'autres communautés linguistiques.



L’après pandémie du COVID-19 : continuité d’une réflexion 

Tandis que le monde plongeait dans une crise pandémique majeure, entre 2019 et 2022, les réflexions et les propositions autour du projet de la Francophonie n’ont cessé d’être portées par des associations et fondations francophones. Loin d’y constater un “avant covid” et un “après covid”, il faut, au contraire, percevoir une continuité, une maturation des propositions favorisant largement l’action et le développement. La Fondation Jean Jaurès et la revue Éducation et Francophonie, ont porté, à titre d’exemple, un large panel de propositions. D’abord en pointant les dysfonctionnements et les freins qui empêchent la Francophonie d’évoluer : reliquat du passé colonial, un cheval de Troie de la politique française en Afrique ; les Français ignorent jusqu’à l’existence de l’OIF ; le rôle de l’OIF est complexe et nébuleux ; la francophonie souffre de la marche du monde. Bref, beaucoup de maux à la fois politiques, géopolitiques et une position de la France vis-à-vis de l’O.I.F. qui oscillerait en fonction des circonstances et des intérêts. Mais que proposent ces associations et fondations pour remédier à ces problématiques ?


La Francophonie, encore perçue comme un espace en quête de sens et avant tout un projet politique porteur de valeurs fortes, doit nécessairement être coconstruite avec les nouvelles générations. Trois grands piliers de développement apparaissent naturellement. En premier lieu, pour l’éducation et le développement, il est crucial d’accroître les échanges universitaires, suivant le modèle des programmes Erasmus et Erasmus+, notamment à travers l'Université Senghor (Alexandrie), avec pour objectif la promotion de deux domaines d’études essentiels dans les pays francophones. Ce programme d'échanges pourrait alors s’appuyer sur le Réseau International des Chaires Senghor (RICSF), qui organise déjà ces échanges pour les chercheurs, les professeurs, et ainsi favoriser l'échange d’étudiants francophones. 


“Etant donné les difficultés budgétaires que connaît l’OIF, nous pourrions, de concert avec l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et les grandes écoles qui favorisent déjà les échanges d’étudiants dans l’espace francophone, imaginer la création d’un passeport estampillé du logo de l’OIF avec un socle commun de connaissances en histoire, littérature et économie.”


“Les programmes pourraient être établis inclusivement par des universitaires issus de différents pays de l’espace francophone. Ce socle commun pourrait être disponible sous la forme de cours en ligne ouverts aux masses (CLOM), sur l’exemple de l’initiative IDNEUF, portail numérique développé par l’AUF qui vise à promouvoir l’usage du numérique dans l’éducation au sein de l’espace francophone.”


En parallèle de cette perspective d’échanges, la Fondation Jean Jaurès, sous la plume de l’économiste togolais Kako Nubukpo, souligne un point essentiel, dans un monde globalisé et numérique : la présence de la Francophonie sur le web. Là où les enseignements à distance et les modules de formation en ligne foisonnent, là où les réseaux sociaux jouent un rôle essentiel dans la communication, l’usage du numérique n’est pas à négliger. L’Agence Universitaire de la Francophonie (A.U.F.) a pour ainsi dire, emboîté le pas de cette proposition, depuis la pandémie. L’agence a développé son programme de formations en ligne, qualifiantes ou diplômantes, mais sans étude d’impact, difficile de savoir si tout ceci poursuit véritablement les objectifs de développement et d’éducation. En découle alors un problème majeur pour toute organisation qui souhaite étendre son influence : la communication. 


“Les citoyens des pays membres de l’Union européenne vivent dans un environnement symbolique concurrentiel : doubles drapeaux sur les édifices publics – européen et national , double définition des documents d’identité, avec un usage de deux langues, l’anglais et la langue nationale.”


“La formule de promotion de Young Leaders par des fondations et des organisations internationales a déjà largement fait ses preuves. Elle permettrait de sélectionner sur projets des jeunes ayant une ambition à défendre pour la francophonie.”


“Ils [les jeunes] éprouvent de la difficulté à s’intégrer à des communautés en ligne et à trouver des occasions pour partager en français sur les réseaux sociaux.”


Qu’il s’agisse d’éléments physiques identifiables ou de création de contenus, la communication à 360° est, sans surprise, un facteur crucial de transmission pour l’espace francophone. Les grands événements de la Francophonie, les programmes, et les espaces d’échanges restent encore bien trop confinés aux sites officiels des ambassades et consulats, peu fréquentés par les jeunes. Le maillage de la Francophonie demeure ainsi flou pour les publics francophones. Partant de ce constat, le sentiment d’appartenance à cet espace politique et l’intérêt que lui portent les locuteurs ne peuvent atteindre les résultats escomptés. Une présence plus ferme et plus impactante, surtout avec les moyens et médiums actuels, pourrait changer la donne. Il est primordial de développer les éléments de médiation et de communication autour de la Francophonie et de ses ramifications. Bien que le dernier sommet de la Francophonie, tenu à Villers-Cotterêts en novembre dernier, ait offert une relative visibilité à la Francophonie, celle-ci reste bien trop souvent en France en deçà des radars médiatiques.


Le XIXe sommet de la Francophonie : catalyseur du processus ? 

À l’issue du XIXe Sommet international de la Francophonie, tenu en France pour la première fois depuis trente-trois ans, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et Thani Mohamed-Soilihi, Secrétaire d’État chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux, ont annoncé une série de mesures renforçant la contribution de la France au rayonnement de la Francophonie. Les engagements pris à Villers-Cotterêts correspondent-ils aux réflexions partagées précédemment ?



Oui, en premier lieu ! Parce que la Francophonie est un espace d’échanges favorisant la prospérité économique des peuples francophones, le secrétaire d’État a annoncé la création d’un programme d’employabilité francophone, le « PIMEF ». Ce Programme international de mobilité et d’employabilité francophone (PIMEF) s’adresse à la jeunesse et met en réseau 1 100 universités et centres de recherche membres de l’AUF dans 120 pays (étudiants, enseignants, chercheurs, administratifs) du monde entier, à partir de la rentrée universitaire 2025-2026. Les jeunes francophones de ces universités pourront bénéficier de programmes de mobilité centrés sur la professionnalisation et/ou l’employabilité. Depuis les rapports de la Fondation Jean-Jaurès sur l’avenir de la Francophonie publiés en 2018 et 2022, cette résolution sur les échanges et la mobilité étudiante constitue désormais une voie solide.


Cependant, en attendant le développement de ce programme, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, notamment en désenclavant et en démocratisant la communication et les événements de la Francophonie. Cela commence au sein même des universités, afin de sensibiliser les étudiants à ces avancées et aux possibilités qu’offre la Francophonie, mais également en ouvrant davantage aux partenariats francophones, de tout type : chaires, associations, fondations, etc. La langue et la culture, qui sont l’essence même de la Francophonie et un pouvoir de rayonnement partagé par tous ses membres à cultiver, sont l’affaire de tous les francophones.

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